Une bataille ne se livre que si l’on a au moins une chance de la gagner…

Publié le par leblogdeserge.over-blog.com

Que de bruit, assourdissant vacarme, effrayant tollé, une cause à défendre, une innocente à magnifier, nouvelle affaire Dreyfus et pourquoi pas tant qu’on y est.

 

Tout est sans doute question d’éclairage, mais pas facile d’y voir clair quand tant de projecteurs sont braqués, la lumière éblouissante qui enveloppe « l’affaire Pederzoli » et les démêlés de la dame avec l’administration, pléthorique et généralement peu zélé, de l’éducation nationale occupe l’espace, et, une fois n’est pas coutume, principalement celui de la communauté.

 

Dans le climat communautariste délétère que la communauté juive française subit plus qu’elle ne créé, nous sommes souvent prompte, dressés sur nos peurs et nos légitimes inquiétudes, à saisir tout combat qui se présenterait, et dont la médiatisation aurait pour but de sensibiliser, dans un climat qui nous est structurellement hostile (cerné par les préjugés, noir, vert, rouge, religieux, sociaux, raciaux…), à notre précaire situation, certain des leçons de l’histoire et décidé à ce que le silence et l’indifférence ne nous tuent pas comme ils l’ont fait au siècle dernier.

 

Je m’apprêtais à entrer en « solidarité active » avec Mme Pederzoli, comment pourrais-je tolérer qu’aujourd’hui  une enseignante soit mise à l’index quand sa seule faute aurait été de sensibiliser ses élèves au plus grand drame de l’humanité : la shoah.

 

De prime abord il est difficile de ne pas se révolter de voir une enseignante humiliée pour avoir seulement suivi son programme scolaire et rendu ses cours plus vivant par un voyage sur le site de l’histoire, de prime abord il est difficile de ne pas ressentir de sympathie pour cette femme courageuse, n’oublions pas les nombreux professeurs qui chaque année subissent des violences graves de la part de leurs élèves, qui bravant les préjugés enseigna contre vents et marées le martyre juif, de prime abord comment ne pas se sentir solidaire d’une femme  objet d’un rapport aux propos clairement malodorants.

 

Parce que j’allais entrer moi aussi, dans cette guerre contre la bêtise qui concerne toute personne éprise d’équité et de justice, j’essayai dans un souci d’efficacité de disposer d’un maximum d’éléments afin de porter des propos pertinents.

Cette démarche que je souhaite avoir, autant que faire se peut dans toutes mes prises de positions, a donné des résultats troublants que j’avais envie d’exposer à chacun d’entre nous pour avoir une vision de cette affaire.

 

Les faits qui nous ont été présenté sont tout simplement, en s’en tenant à leur lecture brute, scandaleux, comment expliquer autrement

que par un antisémitisme larvé les propos tenus par les inspecteurs de l’Inspection Générale de l’Education Nationale (IGEN), quel crime aurait donc commis cette femme ?

 

« avoir préféré utiliser le terme de Shoah à celui de génocide », stupide simplement stupide, Shoah est devenu un terme courant, que lui reproche t’on a ce terme, de venir de l’hébreu, en es-t-on en France à condamner le juif jusque dans la linguistique ?, ma réponse me fait peur, oui ! la haine d’Israel et donc aux yeux des antisémites, des juifs son bras armé en diaspora, est telle que le simple fait d’emprunter un terme à l’hébreu est perçu par les tenants de la « nouvelle haine » comme un signe de faiblesse et de collaboration avec le diable.

 

Mais que vient donc faire Israël dans cette histoire ? , dans le délire antisioniste, les palestiniens payent aujourd’hui la cruauté des occidentaux envers les juifs, qui pour se faire pardonner ont donné aux juifs une terre musulmane, par voie de conséquence l’étude de la shoah n’est plus entendue comme l’édification de la jeunesse contre la barbarie et la bêtise, mais contre une attaque directe « contre le droit légitime du peuples palestinien ».

 

Enseigner l’histoire de la shoah devient par un troublant enchainement de raisonnements illogiques perçu comme un acte de provocation anti musulman.

 

Or les musulmans aux yeux d’une certaine gauche sont aujourd’hui les laissés pour compte de la société française, fi du manque de volonté de s’intégrer, fi de la haine, fi de la frustration sociale, gorgé de remords sur les atrocités (sic) de la colonisation, et apeuré jusqu’au collaborationnisme d’une réaction violente d’un noyau d’excités à comportement mafieux, cette gauche rivalisent de zèle pour enfoncer l’ennemi commun : l’impérialisme sioniste, Israël.

 

Or il est de notoriété publique que l’éducation nationale recèle et entretien un important contingent de cette gauche, ou droite mais dont l’antisémitisme est fondé sur d’autres raisons, ou l’antisionisme est un dogme immuable, gageons que nos deux pieds nickelés auteur de ce fameux rapport ne doivent pas en être idéologiquement éloigné.

 

On reproche aussi à l’enseignante d’avoir demandé à un rabbin d’accompagner le groupe scolaire à Auschwitz, peut être que nos larrons aurait préféré la présence d’un inuit mais il aurait été à craindre que les propos du conférencier auraient été plus aléatoire dans leur historique vérité.

 

Voilà en tout cas les griefs à l’encontre de l’enseignante qui m’ont été exposé.

 

Sur ces bases je me voyais déjà prendre part à une nouvelle affaire Dreyfus, et mon ego y trouva réconfort et motivation, cependant des éléments troublants viennent perturber mes certitudes.

 

Avant toutes choses il faut préciser que cette polémique s’inscrit dans une ambiance déjà pourrie entre le proviseur et le professeur, sur fond de rivalité humaine, ou il est  unanimement reproché au professeur un caractère exalté et somme toute difficile à gérer dans les relations humaines.

 

Alors reprenons les faits avérés de cette affaire, les élèves au cours du voyage précédent ont pris une cuite monumentale qui a laissé le professeur totalement dépassé, je dois avouer que si j’avais laissé mon enfant à la charge d’un adulte et qu’on m’avait appris qu’il s’était murgé (comme un polonais) le soir, j’aurais eu quelques peines à ne pas aller conter du pays au dit professeur.

 

Cette seule affaire aurait pu valoir au responsable de l’équipée un blâme et une suspension qui dans un climat normal n’aurait choqué personne, il est à noter que dans les informations reçues, à aucun moment le professeur a nié l’épisode.

 

La cuite eu des conséquences sur le voyage qui nous concerne, puisque l’administration décida, au vu de la gestion constaté de la situation par le professeur, de réduire de moitié le nombre de participants au voyage, cette restriction qui semble dicté par le bon sens et un heureux « principe de précaution » mis le professeur en rage et de copieuses volées de « fasciste » et « révisionnistes » s’abattirent sur l’administration.

 

Or il y a bien une chose que je ne supporte pas c’est que l’on galvaude ces termes, en ne voulant pas assumer ses responsabilités cette enseignante, a impliqué de manière indirecte tous ceux qui luttent contre les vrais fascistes et les vrais révisionnistes, et nous serons tous d’accord pour dire qu’il y en a assez de véritables pour avoir à en introniser d’autres !!!

L’attaque qui ne portait que sur sa personne et sur sa gestion devient une affaire publique, on accuse une administration, or si il s’avère que la justice tranche en faveur de celle-ci, comme l’a déjà fait le tribunal administratif en référé, c’est toute la communauté juive qui aura été victime de la part de cette enseignante d’un abus de confiance, nos adversaires auront alors beau jeu d’en faire des raccourcis désastreux.

 

On reproche aussi  à l’enseignante d’avoir organisé une manifestation de ses élèves pour la soutenir, au-delà du procédé moralement contestable, l’instrumentation d’adolescents à son profit, il y a quelque chose de profondément immature dans ce comportement.

L’enseignant aujourd’hui nie tout en bloc, les propos, la manif, le problème est que les propos ont été entendus par plus de 20 personnes et la quasi-totalité des élèves ont admis avoir agi sur ordre de leur professeur, a partir de ce moment on se dit que soit il y a une gigantesque cabale montée dans le but d’anéantir le professeur soit celle-ci nous prend ouvertement pour des cons et essaye de nous manipuler.

 

La thèse de la cabale perd encore de sa force avec la suite de l’histoire, près de 180 personnes employé par l’établissement (sur environ 250) ont signé une pétition contre l’enseignante à partir de 2008 pour qu’elle cesse de porter atteinte à l’image du collège et cela avant même les premières frictions dues aux voyages d’Auschwitz, des rapports disciplinaires pleuvent sur l’intéressée depuis plusieurs années et enfin la quasi-totalité des syndicats ont pris position contre elle.

 

Finalement même Dreyfus eut dès le départ plus de défenseur, mais lui au moins était innocent, or dans la connaissance actuel du dossier dans laquelle je me trouve, j’éprouve des sensations désagréables.

 

J’ai le sentiment que le professeur a profité de maladresse de rédaction des inspecteurs pour surfer sur un thème qu’elle savait porteur de soutiens, l’antisémitisme !!!

 

J’ai le sentiment que même si le climat général de l’éducation nationale n’est pas au philosémitisme exacerbé il n’a jamais été question de remettre en question l’enseignement de la shoah (ou du génocide pour le crétin congénital qui a rédigé ce rapport), mais de pointer le doigt sur l’incapacité pour cette enseignante de gérer son projet scolaire.

 

J’ai le sentiment que si au vu des antécédents du professeur et de l’étude de sa personnalité, ni l’inspection générale du ministère, ni le tribunal administratif, et surtout, ni le ministre n’ont cru bon de déjuger totalement ce fameux rapport c’est que les propos qu’il contenait

devait être le reflet d’une certaine vision de la réalité.

 

Enfin j’ai le sentiment que cette dame a utilisé la sensibilité a fleur de peau de la communauté juive sur le sujet, pour impliquer celle-ci dans un combat dont il est loin d’être prouvé qu’il soit le sien.

Sans doute pourtant est-elle sincère dans son combat pour la perpétuation de la mémoire de la shoah, mais devons-nous pour autant être ses supplétifs dans une affaire privée sans avoir de preuves formelles que celle-ci nous concerne vraiment.

Publié dans France

Commenter cet article