Soumettre à la question.

Publié le par le blog de serge.over-blog.com

Il  y a à peine quelques siècles cette simple évocation vous aurait fait frémir d’effroi, « la question » tel que l’on l’entendait jadis était souvent raffinée, parfois sophistiquée, toujours douloureuse, il y avait « la question ordinaire », ce qui laissait présager sémantiquement parlant qu’il en existait une « extraordinaire ».

 

 

Litanie de supplices, merveille de cruauté, on s’en remettait alors au caractère, déjà,  divin de la sentence, ce qui ne manquait pas d’en disqualifier la majeure partie trop faible pour supporter la douleur et qui donnait au verdict un caractère aléatoire dont nos juristes actuels pourraient s’étonner.

 

 

Ainsi à Paris au 16èmesiècle la question était appliquée en faisant boire au condamné de qui on voulait obtenir des aveux 4 litres d’eau, alors que la question extraordinaire se voyait doté de 8 litres d’eau, inutile de préciser que peu en réchappait jusqu’à la fin et que la plupart préféraient avouer des crimes, que parfois ils n’avaient pas commis, pour voir se terminer le supplice… et avoir la tête tranchée.

 

 

Heureusement ces temps bizarres sont aujourd’hui révolus, plus personne ne meure noyé par des flots d’eau, et c’est tant mieux.

 

 

Cependant on a gardé à l’époque des Nanos technologies et de l’ère nucléaire, certaines coutumes d’antan qui nous rappelle en permanence que dieu créa la bêtise en même temps que l’homme, ou pas longtemps après c’est certain.

 

 

Douce persistance, par exemple, de la notion de « sentence divine » que des illuminés embarbés, de toutes obédiences, continue de brandir… ou d‘appliquer pour leur propre compte.

 

 

Ô tempora, ô mores dirait Cicéron à coup sur, des milliers d’années de barbarie sans avoir jamais rien appris !!!

 

 

Mais je m’égare car loin de moi l’idée de me lancer dans une diatribe anti-Dieu, car pour tout dire sur ce coup la, il n’a pas grand-chose à voir, car la question qui m’occupe est avant tout une question politique.

 

 

Le 20 septembre 2011 aura lieu devant l’assemblée générale de l’ONU une remise au gout du jour, une sorte de remix moderne en quelque sorte, de la fameuse question qui amusait tant nos ancêtres.

 

 

Une simple question posée à l’assemblée solennelle des nations, qui par sa simple formulation, sera à la fois une torture, par l’iniquité de sa réponse déjà entendue, une injustice par la vision unilatérale qu’elle proposera à ceux qui l’a trancheront et une aberration tant la réponse qui y sera apportée est condamnée à rester nulle et non avenue.

 

 

Il s’agira pour l’assemblée générale des nations unies, entièrement acquise par l’argent, le chantage ou la peur, de reconnaitre ou pas l’improbable « état de Palestine », improbable ?, et comment !,  la définition de l’état selon Max Weber me laisse au sujet de la « Palestine » quelque peu pantois : "le groupement politique qui revendique avec succès le monopole de la contrainte physique légitime,
    

   

Les caractères seconds sont : - la rationalisation du droit ; - le développement de la police ; - la rationalisation de l'administration. »

 

 

Alors regardons un peu le cas de cette « Palestine » nourrissant les fantasmes et les haines fanatiques des combattants de l’hypothétique oumma.

 

 

Etudions pour commencer le fameux « monopole de la contrainte physique », il ne va pas être simple à établir, avant toute chose deux clans totalement antagonistes, l’un poursuivant un but d’enrichissement par la voie laïque (avec des références à Dieu parce que c’est la mode) et l’autre poursuivant un but d’enrichissement par la voie théologique (avec des références à dieu pace que c’est leur fonds de commerce), ils se détestent cordialement, et entendent, chacun de leur côté « exercer le monopole de la contrainte physique », et dans cette surenchère le peuple joue les cobayes…

 

 

Sur ce chapitre je serais incomplet si je ne parlais pas des 1001 factions de tous ordres qui sévissent, les uns aimant un peu plus Dieu que les autres, les autres donnant plutôt dans la « Staline Nostalgie », mais qui tous disposent d’un petit territoire, d’une petite satrapie plutôt, ou le monarque d’opérette qui y règne monnaye en général chèrement un ralliement de façade à leurs supposés suzerains.

 

 

Et tout cela fait qu’au final l’exercice « du monopole de la contrainte physique » devient un vœu pieu, c’est souvent de circonstance dans ce cas précis, et qu’au jour d’aujourd’hui personne, au grand jamais n’a pu faire taire les armes de factions plus ou moins motivés par la libération nationale.

 

 

Le petit train de la sociologie politique selon le grand Max continue penaud sa route au détour des méandres du pays imaginaire, et il atteint, non sans appréhension, l’étape souhaitable « de la rationalisation du droit », et la soudainement on se rend compte que le sentiment de désordre qui régnait à l’étape précédente est tout juste comparable à celui régnant lors de nos manifestations communautaires (nombreuses ces temps ci) et laisse la place à un véritable bordel ambiant !!!

 

 

Parce que la il s’agit de définir de quel droit on parle, certains se fonde sur un droit basé sur les vestiges d’une idéologie socialisante vieillissante et démodée des pères terroristes fondateurs, d’autres, les moins nombreux, rêvent d’une société occidentalisée régie par les règles de la civilisation occidentale, et les derniers, qui n’en sont pas pour autant les plus tolérants, exige (le terme est faible) une théocratie basée sur ce modèle d’humanisme qu’est la charia.

 

 

Alors avec tout cela il n’est pas difficile d’envisager que la « rationalisation » du droit ne sera pas œuvre simple et aisée, comment concilier l’exigence d’épanouissement personnel induit dans le modèle occidental et la plus complète soumission à une hypothèse requise par un traité de théologie écrit il y a plus de 1500 ans !!!

 

 

Comment concilier des peines aussi dissemblables que quelques mois de prison et avoir la main tranché pour un simple vol à l’étalage, comment encore espérer réunir dans la même société ceux qui prétendent « grillager » 50% de leur population au nom de fantasmes sexuels mal  assouvis et celles qui estiment que leur « condition » de femme n’en font pas moins d’elle des êtres humains.

 

 

« Rationalisation du droit », bien sur qu’elle est souhaitable, mais au profit de qui, de quoi, de quelle hydre de Lerne auquel il faudra se plier sans penser pouvoir lui trancher la tête de peur qu’elle repousse en double !!!, les perdants de ce combat ne sont pas difficiles à prédire, le nombre, l’endoctrinement fanatique, la violence aveugle et criminelle aura vite raison de ceux qui s’imaginent avoir le droit de vivre selon des règles qui ne conviennent pas aux fous de Dieu.

 

 

Dans ces conditions, comment qualifier autrement que de « complicité de meurtre » ceux qui au nom de cette prétendue « rationalisation du droit » décréteront au sein de cette assemblée la reconnaissance du nouvel Atlantide, car ils ne pourront ignorer le carnage que cette reconnaissance ne manquera pas d’entrainer, non pas dans le cadre d’une lutte externe avec Israël, qui n’a rien à craindre d’un chiffon de papier, mais dans le cadre de combats fratricides, enfin si on peut encore considérer que les factieux en présence sont frères.

 

 

Si il est un point de la démonstration de Weber qui ne souffre de contestation c’est bien celui  ayant trait au « développement de la police », il est même évident que les palestiniens sont passés maitre dans cet art, en délaissant un peu plus les autres points de Weber il est vrai, la police palestinienne étant particulièrement développée.

 

 

Je devrais même dire « les polices palestiniennes » car il en existe de toutes les formes et de tout les gouts, je me souviens même l’époque ou les bailleurs de fonds européens (a fonds perdus) avaient même exigé de feu Arafat la dissolution de la majeure partie des 513 organes différents de police régissant la vie publique palestinienne, dissolution obtenue par la menace de l’argent, mais organes bien vite recréés, on ne plaisante ni avec le porte monnaie ni avec les rêves de pouvoir en « Palestine ».

 

 

On a donc a faire à des polices particulièrement développés, et c’est sans doute dans un but d’efficacité qu’aucune d’entre elle ne suit le même but que l’autre, milice privative, police de la morale, gang mafieux, uniforme d’opérette, ce maelström ne semble exister que pour la plus grande joie des « experts en télévision » jouant de la supputation de rapports de force comme on s’amuse d’un pari hippique.

 

 

Il ne faudra pas être doté d’un grand sens de l’anticipation pour comprendre que toutes ces polices seront demain le vecteur d’une guerre civile, car s’il a été déjà compliqué pour certain de résister à la prise de pouvoir d’un territoire abandonné, qu’en sera-t-il quand l’enjeu sera un état membre de l’Onu ?

 

 

Max se devait de terminer par une note humoristique, à considérer qu’il se soit servi de nos inénarrables « palestiniens » pour construire sa démonstration, en évoquant la « rationalisation de l’administration », dans une structure ou depuis le désaccord d’Oslo et les mains déliées d’un pouvoir autonome, l’administration est devenu la pierre angulaire de la société « Palestinienne » en employant directement ou indirectement près de 50% de la population active non assistée !!!

 

 

Reste à s’entendre sur ce qu’on appelle « rationalisation de l’administration », clientélisme ?, bureaucratie exacerbée débouchant sur des rouages parfaitement rodées donnant satisfaction à la population, il est à craindre que nous soyons, en vérité, très loin de cela, car il s’agirait plus pour les factions rivales de tenir leur « armée » en ordre de bataille.

 

 

Monopole de la contrainte physique non assuré, rationalisation du droit fantaisiste, développement de la police dangereux et liberticide, rationalisation de l’administration amusante si elle ne portait pas en elle le germe de la faillite certaine d’un système déjà corrompu.

   

   

Dernière notion chère à Weber, l’état de droit, celui ou les doits des citoyens sont assurés par des règles justes et adaptées à leurs besoins et non pas aux besoins de leurs dirigeants, Nous sommes dans un Etat de droit lorsque le monopole de la contrainte est accepté comme étant légitime parce que légal, le Pouvoir est alors considéré comme appartenant à la Loi, expression de la Souveraineté du Peuple, des citoyens. Le Pouvoir est exercé par les représentants du Peuple souverain dans des limites qui sont fixées par une Constitution.

    

   

Au delà de cette définition nous sommes dans l’arbitraire, l’autocratie et la dictature, et c’est ce type de régime que l’assemblée générale des nations unies s’apprête à proclamer dans un élan quasi unanime, au mépris des plus élémentaires garanties du peuple, cette assemblée, émanation des pires dictatures de toutes les espèces qui y détiennent la majorité, se targue depuis quelques années de dispenser des leçons au monde libre, tout en écrasant de leur dédaigneux talons le cri de leur peuple meurtri et opprimé.

   

   

A celle des démocraties qui cédant aux sirènes du mercantilisme ou croyant acheté une pseudo paix sociale en payant la survie d’Israël comme prix, celles-ci doivent savoir qu’elles se priveront en commettant cette forfaiture à jamais de pleurer sur le sort du peuple palestinien, quand demain, les dirigeants complaisamment établis en deviendront les criminels…

 

   

La question qui sera posé ce 20 septembre 2011 sera en tout point semblable a celle que posait le grand inquisiteur aux suspects d’hérésie, une torture pour la paix et la liberté.

Publié dans Société - Economie

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Toto Ben Maboul 16/08/2011 13:41


Brillante analyse du désir d'état palestinien, exaucé par une organisation internationale elle même incohérente puisque capable de désigner Kaddafi comme référence de la défense des droits de
l'homme un jour, et comme homme à abattre quelques mois plus tard toujours au nom de ces mêmes droits...
On n'insistera jamais assez sur le caractère clanique de la société palestinienne. C'est cette mentalité qui les a toujours empêché d'avoir un état. Le nationalisme palestinien, qui comme tout
nationalisme est sensé mener les vainqueurs au contrôle de l'Etat, eh bien ce nationalisme n'existe que dans le mimétisme vis à vis du nationalisme juif. Il n'est pas fondé sur le désir impétueux
de fonder un état, mais sur cette forme d'infantilisme qui consiste à vouloir imiter l'énnemi en tous points. Voilà qui garantit à l'Etat d'israël sa longévité et sa pérennité.


le blog de serge.over-blog.com 16/08/2011 15:11



merci de ce brillant éclairage, si vrai, si juste, si inquiétant !