La photo de Pétain au fond de mon verre de Vichy.

Publié le par le blog de serge.over-blog.com

 

 

Pétain, nous en avons maintenant la preuve, Pétain ne fut qu’un médiocre antisémite, banal, primaire, grossier, criminel.

 

C’était dans l’air du temps d’être antisémite, de bon ton, tout le monde étaient antisémite, même les juifs le paraissaient avec leur obsession de l’assimilation.

 

Donc, Pétain porte une responsabilité écrasante pour le sort fait aux juifs durant la période où il fut au pouvoir, grande nouvelle, elle implique que certains encore aujourd’hui développent une théorie ou le « chef de l’état français », dirigeant suprême sans contre-pouvoir, détenant le pouvoir de nommer et de destituer sans rendre de comptes à qui que soit, n’aurait été en fait qu’un modérateur permettant de limiter la haine antisémite de son administration.

 

Dans l’entretien de cette légende que la plupart savaient fantaisiste, plusieurs des plus hautes personnalités de l’après guerre, y compris un président de la république scélérat, qui n’en était pas il est vrai, à une compromission près avec la raclure vichyste, y donnèrent corps afin de procéder à une réhabilitation de facto « du vainqueur de Verdun » qui fut aussi « le boucher des exécutions sommaires de 1917 », et le replacer dans l’imagerie populaire comme un héros positif.

 

Il est vrai que quand il s’agit de maquiller ses pires turpitudes l’histoire de France sait faire d’habiles maquillages pour préserver l’image de marque du « pays des droits de l’homme » qui bien souvent n’est pas le pays des droits des juifs…

 

Donc tout le monde faisait semblant de croire que le Chef de l’Etat Français, celui-là même qui demanda un armistice honteux, celui qui le premier des vaincus acceptera de serrer la main du diable à Montoire, celui qui déshonora l’administration française remplaçant une élite courageuse et dévouée par un corps de lavette « panurgesque » admirateur de l’hystérique aryen.

 

Pétain n’était pas résistant, maintenant nous le savons, bien sûr il restera toujours quelques négationnistes, spécialités française si il en est, qui prétendront que De Gaulle et Pétain ne suivait qu’une seule et même stratégie permettant à la France de garder son « rang » dans le monde.

 

Devant ces certitudes qui s’écroulent que faire ?, se réfugier dans l’iconographie du De Gaulle résistant ?, résistant à quoi au juste, aux nazis : sans doute, à la barbarie : bof, de Gaulle avait un réseau de renseignement suffisamment efficace pour savoir ce qu’il se passait à Drancy, dans le camp d’extermination du Struthof, à Pithiviers, à Beaune la Rolande et mêmes aux Milles.

 

A-t-on jamais entendu parler de planification d’actions de résistances commandités par Londres sur ces camps ?, d’ordre de sabotage systématique donnés aux résistants sur l’infrastructure de la mort nazies ?, jamais !!!, et puis De Gaulle dans la droite ligne de son idéologie catho-monarchiste rétrograde alimentait un fond d’antisémitisme qui ne s’est jamais démenti pour aboutir  à ses diatribes contre israël et son célèbre et simpliste « peuple sûr de lui et dominateur ».

 

Par manque d’intérêt et pour ne pas risquer de nausées je jetterai un voile pudique sur ce que je pense de Mitterrand…

 

Pétain coupable, De Gaulle coupable, Mitterrand coupable, Sarkozy bientôt condamné par l’histoire, pauvre France, finalement il n’y eu que Chirac qui fut sincère dans sa repentance et qui n’accepta pas de compromissions sur ces principes moraux, non seulement l’antisémitisme mais aussi l’abolition de la peine de mort par exemple, que cela ne se soit pas reflété dans sa politique moyen orientale étant plus dû à un esprit mercantile (et quelque peu affairiste il faut bien le dire) qu’à un dérapage de sa morale.

 

Alors loin d’être un coming out de la France sur sa période collaborationniste, la découverte du document annoté de la main de Pétain sur le statut des juifs, ne pouvait que conforter l’évidence dans l’esprit de personnes censées débarrasser des tabous de l’orgueil national.

 

Pas de coming out dis-je, sans doute ma vigilance ne fut pas complète mais je n’ai à cette heure entendu aucun politique s’exprimer sur le fond de cette découverte capitale pour l’histoire nationale, des historiens, des journalistes, des avocats, mais pas d’hommes politiques, faut dire que le sujet n’est pas très porteur pour eux, agitation sociale, hystérie banlieusarde « antisioniste », retournement de veste permanent du Président de la République, et puis à part Ségolène Royale qui s’excuse à chaque fois qu’on ouvre une porte, la maturité exprimée dans la repentance de ces fautes avérées n’est pas une spécialité française, loin s’en faut.

 

Sur le fond du problème l’affaire est close, Pétain est une ordure qui par son unique volonté s’est fait le complice actif du chacal nazi, il a non seulement approuvé le statut des juifs, mais aussi inspiré et aggravé les mesures discriminatoires les plus graves, allant au-delà des volontés de son administration, peu encline déjà à la compassion inter religieuse, mais aussi au-delà des demandes des occupants par un mélange de convictions et de lâchetés.

 

L’affaire est close ?, pas sur, non ne vous méprenez pas on ne découvrira pas dans « les carnets secrets du maréchal » son plan qui était d’ouvrir les eaux de la mer rouge pour sauver le peuple hébreu, pas plus que l’on ne découvrira aucune circonstance atténuantes tangibles dû à la situation dramatique de l’époque, non l’affaire n’est pas close pour plusieurs raisons bien plus gênante.

 

« le manuscrit a été cédé au mémorial de la Shoah par un inconnu », aïe, je n’aime pas cela du tout, pour quel raison resterait on inconnu quand on contribue à la connaissance ?, tout ce qui est inconnu est suspect, tout ce qui est suspect peut-être attaquable, ne pas connaitre la source va vite engendrer de la part de la masse de « complotistes - négationnistes » une foule d’hypothèses plus abracadabrante les unes que les autres, mais dont l’anonymat dont s’entoure la source prêtera le flanc.

 

Comment un document de cette importance a-t-il fait pour ne pas être connu d’un cercle d’initié à minima ?, est-ce à dire que sa divulgation n’arrangeait personne ?, que sa communication fait suite à un décès ? les questions me gêne parce que le document à une importance capitale pour la conscience nationale et son mode de communication le fragilise.

 

Dans le cadre d’une étude historique scientifique il ne fait aucun doute que ce document est un authentique, mais la science ne peut se contenter de cela, il ne pourra être considérer comme définitif que quand on aura intégralement reconstituer son histoire et ses pérégrinations de son origine à nos jours.

 

Cette nécessité de scepticisme s’entend au regard de l’importance de la chose, nous ne pouvons, une fois de plus, nous laisser aller à des débordements tripaux, nous devons avoir cette exigence scientifique qui nous rendra inattaquable, et surtout nous devons obliger les pouvoirs publics a retracer l’histoire de ce document depuis la guerre, nul doute que cette histoire nous révèlera bien des surprises.

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